La CIAP, sœur ennemie.


Dès le début de l’année 2016, nous avons contacté Groupement des agriculteurs Biologiques de la Sarthe (GAB 72 ) pour soumettre notre projet à des professionnels.

Le GAB 72 a pris l’initiative de confier notre dossier à la CIAP (Coopérative d’installation en Agriculture paysanne) sans toutefois nous préciser clairement le cadre de ce « passage de main » ni les accords  entre le GAB 72 et la CIAP ni même l’identité exacte de la CIAP (Mail du GAB 72 du 18 mars 2016).

Pleins de l’énergie inhérente aux porteurs de projets et en confiance avec ces acteurs professionnels rencontrés dans le cadre syndical et associatif de « la maison des paysans », nous avons manqué de prudence et n’avons pas pris de garanties suffisantes quant au sérieux et au professionnalisme de ces structures.

Nous avons eu la légèreté de croire à la bonne volonté, aux dires et aux écrits des membres de ce « réseau ».

Sur les conseils de ces deux structures, nous avons changé nos projets. Nous avons renoncé à l’inscription de Bernard à une formation diplômante, au profit d’une installation plus rapide et plus ambitieuse. En effet, selon le GAB 72, il est préférable de bénéficier de serres qui assurent un revenu sur une plus grande période de l’année. La CIAP nous a proposé un financement et un accompagnement (Mail du 14 avril 2016 de Bernard au GAB72 et à la CIAP72).

C’est dans ce cadre que nous avons convenu que nous signerions deux contrats.

Un premier contrat, de « paysan créatif » qui devait donner à Bernard la pratique nécessaire à notre installation et une formation donnant des compétences pour s’installer (accessoirement permettre à la CIAP de bénéficier de subventions destinées à la formation professionnelle). Cette formation s’est avérée par la suite être de niveau BAC… à sable.

Un deuxième contrat devait nous faire bénéficier d’un réel accompagnement de la CIAP (Mail de la CIAP du 26 septembre 2016). Dans ce mail la CIAP tient « à rappeler que l’objectif de tout le monde est la mise en place de ton projet », l’auteure du mail rappelle « que nous ne sommes pas des banquiers mais bien des accompagnateurs de projets », et que la CIAP cherche à « comprendre la temporalité des ventes, notamment au démarrage ».

La tête dans le guidon, nous nous sommes engagés dans le projet et avons commencé à le mettre en œuvre malgré l’absence remarquable de la CIAP (excepté la rédaction de quelques chèques).

Dans la nuit du 12 au 13 janvier, au cours de la tempête Egon, la serre que la CIAP avait mise à notre disposition s’est envolée bousculant « la temporalité des ventes, notamment au démarrage ».

Nous l’avons signalé par téléphone, puis par mail (mail du 13 janvier 2017).

La seule réaction de la CIAP a été de prévenir son assureur et de nous transmettre un laconique « bon courage » (mail du 13 janvier 2017 CIAP à BB). Quid de « l’objectif de tout le monde est la mise en place de ton projet », de « nous ne sommes pas des banquiers mais bien des accompagnateurs de projets » et de la fameuse « temporalité des ventes, notamment au démarrage » ?

La CIAP n’a jamais manifesté son intention d’évaluer les dégâts sur le terrain et ne nous a proposé aucun accompagnement.

La CIAP s’est contentée de nous demander le devis que nous avions pris l’initiative de faire faire.

Puis… plus rien.

C’est durant l’assemblée générale 2017 de la CIAP 72 où Bernard a été invité à témoigner sur son expérience du portage que la CIAP a  enfin pris conscience du drame que nous vivions (article de Ouest France du 11 août 2017), mais elle le considère (selon les propos de monsieur BONHOMMEAU), comme un simple « incident ». La CIAP ne comprenant manifestement plus l’importance des serres dans notre projet s’étonne que Bernard y fasse allusion au cours de son exposé ! Elle va même jusqu’à lui reprocher d’en témoigner….

Dès lors, les relations se sont dégradées au point que la CIAP a lancé une parodie de médiation dont elle n’a pas hésité à utiliser les conclusions et les éléments des discutions avec le médiateur (ce qui est totalement contre nature pour une médiation et une faute professionnelle pour le médiateur qui n’aurait pas dû divulguer les détails des entretiens).

Face à l’incapacité à communiquer de la CIAP, et pour y gagner en hauteur et en clarté nous avons poussé la CIAP à mettre en pratique ses menace de judiciarisation de l’affaire.

Pour ce faire, la CIAP a dû trouver un motif. Elle nous a donc envoyé une « facture » (facture du 18 mai 2018) pour une somme totalement injustifiée et parfaitement fantaisiste quant à la forme et au fond. Dans le courrier joint à cette facture (courrier du 6 juin 2017), entre autres aberrations, la CIAP nous demande un rendez-vous pour apprécier « l’état des biens en cause ». Cette facture ne répond donc pas au principe de sincérité de la comptabilité, puisque la CIAP ne connait pas, de son propre aveu, la valeur des biens.

On voit bien que la facture bâclée n’est qu’un motif pour nous nuire et non le fruit d’une démarche comptable raisonnable.

Il s’avère que cela ne relève pas plus d’une nécessité financière puisque nous avons dû faire pression pour faire avancer ce dossier. En effet, il est très important pour nous de clore cette affaire dignement et le plus vite possible.

Une lettre aux actionnaires restée sans réponse (Lettre aux actionnaires de la Sarl CIAP du 4 août 2017).

Une lettre à la CIAP le 2 janvier 2018.

Une lettre au conseil de la CIAP du 23 février 2018.

C’est seulement le 7 juin 2018 que nous avons reçu une assignation. Un an après l’envoi de la « facture » la CIAP s’est décidée à donner de la hauteur, pour la clarté il faudra faire encore un effort, mais à la demande de notre avocat, le tribunal y pourvoira.

« Le positif du corporatisme », chercher l’erreur…

Ouarf, ouarf, ouarf un « Think Tank », le Labo de l’économie sociale et solidaire, prête sur son site internet à madame Claire LAVAUR patronne de la CIAP les propos suivants : « Au cœur de ce que fait la CIAP, il y a l’utilisation positive du corporatisme agricole ».

L’utilisation « positive » du corporatisme, décidément ils sont prêts à tout à la CIAP !

C’est certainement au nom de ce corporatisme que j’en ai pris plein la gueule par mon (ex) syndicat le GAB 72 (de la même corporation que la CAB Pays de la Loire, que la FNAB, et bien d’autres). Lire sur le site « Le Jardin de Plantagruel »  mon Do Do (si vous n’avez pas lu tink tank, merci de lire Dou Dou), la rubrique Le GAB 72 frère ennemi.

Pour mémoire, le corporatisme est une résurgence du moyen Age, défendue par les Chrétiens Sociaux au XIX siècle et favorisée par le Maréchal Pétain au siècle dernier. Chacun ses références…

Question : la FNSEA fait elle bien partie de la corporation ?

Et la CIAP s’élève toujours plus haut, toujours plus hors sol…

Extrait d’une émission de France Culture sur les Think Tanks :

https://www.franceculture.fr/emissions/pixel-13-14/quoi-servent-les-think-tanks